Flottes électriques : ce que les pays nordiques révèlent sur l'avenir du marché français

Norvège, Suède, Finlande, Danemark : les pays nordiques ont une bonne longueur d'avance sur l'électrification de leur parc automobile. Leur marché d'aujourd'hui ressemble à s'y méprendre à la projection du marché français en 2035, de quoi éclairer, dès maintenant, les arbitrages des directions achats françaises.

Un TCO déjà favorable à l'électrique

En Norvège, les véhicules électriques sont plus compétitifs que les thermiques depuis 2012. En France, la tendance s'inverse aussi : selon les derniers baromètres sectoriels, le prix de revient kilométrique d'une voiture thermique dépasse désormais celui d'un véhicule électrique, porté par la baisse des coûts d'énergie et de maintenance. Sur les utilitaires en revanche, l'écart reste encore, pour l'instant, légèrement en faveur du thermique.

Le vrai sujet, ce n'est pas l'autonomie, c'est la recharge

Les distances quotidiennes parcourues par les flottes électriques et thermiques sont très proches, l'autonomie n'est donc plus le frein qu'on imagine. Le véritable enjeu se situe du côté du maillage de bornes publiques, encore moins dense en France que chez ses voisins du Nord. Le vrai sujet est donc surtout l'organisation d'une recharge robuste et pilotable sur site et à domicile, aux heures creuses.

Les entreprises, moteurs discrets de la bascule

Alors qu'en Suède, les deux tiers des véhicules électriques sont déjà immatriculés par des entreprises, la France s'approche tout juste de la parité entre particuliers et professionnels. Un rattrapage porté par la clarification progressive de la fiscalité et par l'arrivée, dès 2026, de nouveaux modèles électriques sur le segment intermédiaire, de bon augure pour l'accélération de l'électrification des flottes.

Tribune originale de Vianney Devienne publiée sur Decision-Achats.fr le 16 décembre 2025