Recharge électrique : pourquoi l'interopérabilité va devenir le vrai avantage compétitif

L'électrification de la mobilité oblige deux mondes qui s'ignoraient hier, celui de l'énergie et celui du transport, à apprendre à communiquer. Reste à choisir la langue commune : des standards ouverts et partagés, ou des systèmes propriétaires qui enferment leurs utilisateurs.

Deux écosystèmes qui doivent apprendre à se parler

Réseau électrique, production locale, contraintes des bâtiments d'un côté ; véhicule électrique, besoins de mobilité, outils de fleet management de l'autre : la recharge électrique se situe précisément à l'intersection de ces deux mondes. Une borne n'est donc jamais un objet isolé, elle dialogue en permanence avec le réseau, mais aussi avec des outils tiers comme la supervision technique, les plateformes des opérateurs de recharge, ou encore les logiciels de comptabilité et de RH. Ce dialogue permanent, lorsqu'il fonctionne bien, ouvre la voie à un pilotage intelligent : recharger au meilleur coût, tout en préservant l'équilibre du réseau.

Le risque du verrouillage propriétaire

Des protocoles ouverts existent déjà pour organiser cette communication : l'OCPP relie la borne à son système de supervision, l'OCPI assure l'interopérabilité entre plateformes, et la norme ISO 15118 encadre les échanges entre véhicule et borne. Mais le marché reste fragmenté, et certains acteurs préfèrent verrouiller leurs clients via des API propriétaires. 

L'ouverture, moteur collectif de l'innovation

À l'inverse, une infrastructure bâtie sur des standards ouverts peut évoluer à distance et changer de prestataire à tout moment, exploitation, pilotage énergétique, fourniture d'électricité, sans tout reconstruire. Cette logique dépasse l'intérêt d'une seule entreprise : c'est elle qui a permis à Internet de se déployer mondialement sur la base de protocoles ouverts (TCP/IP) plutôt que de réseaux propriétaires fermés. Le secteur de la mobilité électrique vit aujourd'hui un tournant comparable, illustré par des initiatives collectives comme Task53, qui réunit des acteurs industriels de 19 pays pour construire ensemble les futurs standards du vehicle-to-grid.

 

C'est par le travail collectif que nous pouvons avoir un réel impact : pour concevoir des solutions énergétiques durables et les déployer à grande échelle, la collaboration ouverte est indispensable.

Vianney Devienne, Directeur Général Zaptec France
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Tribune originale de Vianney Devienne publiée sur Auto infos en juillet 2026